UN ARPÈTE DE LA P0 A 1500 ANS
Sur une base mensuelle nous allons publier quelques nouvelles.
Pour commencer un sujet d'actualité '' la vie de Saint Éloi'' premier arpète - homme énergique, entreprenant, capable et fort sympathique -
15 siècles après sa naissance, ça fonctionne encore !

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A la fois orfèvre, ministre et évêque, saint populaire par surcroît, saint Éloi n'est pourtant pas un personnage mythique : des monnaies et une charte ont conservé sa signature, sa Vie écrite par son ami saint Ouen, mais malheureusement retouchée, le montre en pleine activité, ses contemporains parlent de lui, il est un des personnages les mieux connus de son époque et il apparaît comme un homme énergique, entreprenant, capable et fort sympathique.
Il était né vers 588 en Limousin dans la villa de Chaptelat (à 8 kilomètres au nord de Limoges). Ses parents, Eucher et Terrigia, de condition libre, appartenaient à de vieilles familles gallo-romaines, christianisées depuis longtemps. Voyant son fils adroit et intelligent, Eucher le confia à un orfèvre de Limoges, Abbon, qui dirigeait l'atelier monétaire de la ville. Chez lui, Eloi fit son apprentissage.
Pour des motifs que nous ignorons, peut-être tout simplement pour faire une carrière, Eloi se rendit dans la région parisienne où le trésorier royal Bobon le prit à son service. Il ne tarda guère à apprécier cet excellent artisan et quand le roi Clotaire 2 (+ 629) désira un trône d'or incrusté de pierreries, il le lui recommanda. Eloi reçut la quantité d'or jugée nécessaire et se mit au travail. Quand il eut fini le trône d'or, il lui restait assez du précieux métal pour en dorer un second. Consciencieux et habile ouvrier, comprenant aussi ses vrais intérêts, il présenta au roi le trône demandé, lui laissa le temps de l'examiner, puis au moment où le roi lui promettait une belle récompense, il fit apporter le second trône en expliquant : "Afin de ne pas perdre ce qui restait d'or, je l'ai appliqué sur celui-ci."
Stupéfait, Clotaire s'écria qu'il ne douterait jamais d'un artisan aussi honnête. Selon la coutume, il lui demanda pourtant avant de le prendre à son service de prêter serment sur les reliques, mais le pieux Éloi fut si ému par la solennité d'un tel acte qu'il refusa et le roi comprenant la valeur de ses scrupules le dispensa en l'assurant de sa confiance.

Au moment où il devenait un des principaux officiers de la cour, Éloi pensa à servir Dieu avec plus de ferveur; il fit une confession générale de ses péchés, accrut ses prières, entreprit de jeûner héroïquement.
Quelques monnaies signées "ELICIUS" et localisées à Marseille nous apprennent qu'il dirigea quelque temps l'atelier monétaire de cette ville, mais il n'est pas douteux que, durant la plus grande partie de sa carrière d'homme public, il résida à Paris ou dans la région, au voisinage de la cour, et qu'il fut un des principaux conseillers des rois Clotaire 2 (+ 629) et Dagobert (+ 639). Bien que de moeurs faciles, ces rois mérovingiens eurent le souci de s'entourer d'hommes intègres et capables; les 2 meilleurs amis d'Eloi furent le trésorier Didier, un peu plus âgé que lui, qui devint évêque de Cahors (saint Géry), et le référendaire Dadon, de 20 ans plus jeune, futur évêque de Rouen (saint Ouen).
Le biographe de saint Éloi lui attribue évidemment un rôle considérable et en donne pour preuve que les ambassadeurs venaient le voir avant de se rendre auprès du roi. On sait qu'en 636-637 il fut envoyé en mission auprès de Judicaël, roi de Domnonée (le nord de la Bretagne) (17 décembre). Il sut obtenir sans guerre réparation de dommages et traité de bon voisinage, puis conduisit Judicaël près de Dagobert, ménageant une entrevue qui consolida la paix.
Qu'on ne s'étonne pas de voir Éloi envoyé par Dagobert en mission diplomatique : l'administration des Mérovingiens a toujours ignoré la spécialisation et les rois utilisaient les grands officiers à leur guise. Cependant, durant toute sa carrière, Eloi fut avant tout orfèvre et monétaire, et c'est dans ces 2 charges qu'il s'assura, au-dessus de tous ses collègues, une place éminente.

La suite en février 2007 ...